L’étude la plus longue sur le saumon de l’Atlantique révèle les tendances en matière de survie et de mortalité

Des chercheurs ont pisté les saumons juvéniles de quatre rivières canadiennes sur une période de 14 ans
Dec 13, 2018

L’étude révèle les tendances en matière de survie et de mortalité

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Le 13 décembre 2018

L’étude la plus longue sur le saumon de l’Atlantique révèle les tendances en matière de survie et de mortalité


Des chercheurs ont pisté les saumons juvéniles de quatre rivières canadiennes sur une période de 14 ans


ST. ANDREWS –
Des scientifiques de la Fédération du saumon atlantique (FSA) ont pisté plus de 2 800 saumons juvéniles entreprenant leur première migration dans l’océan dans le cadre de l’étude la plus longue et continue dans le monde portant sur l’espèce. Un article sur les résultats de cette recherche a été récemment publié dans la revue Journal of Marine Science du CIEM, exposant en détail les variations des taux de survie de certaines populations alors que les taux sont demeurés stables pour les autres.

« Cet ensemble de données, amassé sur une quinzaine d’années, est unique dans le monde du saumon de l’Atlantique, indique Jonathan Carr, vice-président de la recherche de la FSA. Trop souvent les projets de recherche ne durent que quelques années. Dans le cas présent, nous avons été en mesure de décrire avec précision les tendances qui se dessinent sur trois générations de saumons de l’Atlantique. »

Quatre choses que nos 14 années de pistage des saumoneaux nous ont apprises

La recherche a été financée et menée par la FSA et les données analysées en collaboration avec le ministère des Pêches et Océans (MPO) et le Ocean Tracking Network. L’étude a porté sur les populations de saumons de quatre rivières qui se déversent dans le golfe du Saint-Laurent, soit la Miramichi Sud-Ouest, la Miramichi Nord-Ouest, la Restigouche et la Cascapédia.

Les saumons juvéniles, aussi appelés saumoneaux, ont été capturés chaque printemps pendant leur dévalaison. Les poissons ont été munis d’un émetteur acoustique, puis relâchés. La vitesse de migration et les taux de survie ont été mesurés lorsque les saumoneaux traversaient les rangées de récepteurs placées à des endroits stratégiques dans chaque rivière, l’estuaire et le détroit de Belle Isle, situé à plus de 800 km de l’endroit où ils avaient été relâchés. Les résultats révèlent que la survie dépend de la taille du saumoneau, de la distance qu’il doit parcourir et des conditions rencontrées, y compris la présence de prédateurs.

« Une étude et une collaboration à long terme sont nécessaires pour repérer les endroits où les saumons meurent dans l’océan et quand, ajoute Gérald Chaput, biologiste du MPO, Région du golfe, et co-auteur de l’article. La Fédération du saumon atlantique et ses collaborateurs ont contribué de manière exceptionnelle à l’état des connaissances scientifiques, et l’étude met en lumière les difficultés associées à la réalisation d’études de recherche de longue haleine sur les poissons sauvages. »

D’importantes différences dans les taux de survie des saumoneaux marqués provenant des quatre rivières étudiées sont apparues au fil du temps. Les taux de survie des saumoneaux des rivières Restigouche et Cascapédia, dans l’estuaire de la baie des Chaleurs qu’ils fréquentent ensemble, ont fluctué d’une année sur l’autre, mais sont demeurés relativement élevés (67 à 95 %), au cours de la période de l’étude de 14 ans.

Les taux de survie des saumoneaux quittant les rivières Miramichi Sud-Ouest et Nord-Ouest et traversant la baie de Miramichi, étaient semblables à ceux des saumoneaux dans la baie des Chaleurs pendant la période initiale de l’étude, mais une tendance à la baisse prononcée est apparue dès 2010, les taux de survie fluctuant entre 28 et 82 %. Une fois que les saumoneaux avaient atteint le golfe du Saint-Laurent, les taux de survie s’étaient égalisés pour toutes les populations et étaient généralement favorables, s’établissant à 60 % ou plus.

« Sur la Miramichi, la croissance de la population de bars rayés coïncide avec la baisse du taux de survie des saumoneaux, corroborant les résultats de nos études précédentes qui ont révélé qu’un nombre important de saumoneaux étaient mangés par les bars rayés, ajoute Jonathan Carr. Le nombre de bars rayés reproducteurs dans la Miramichi a augmenté, passant d’environ 15 000 au début de notre étude à environ 300 000 en 2016. »

« Toutefois, ce n’est pas le seul facteur à prendre en considération pour comprendre les raisons pour lesquelles les saumons de l’Atlantique retournent à nos rivières en moins grand nombre qu’il y a vingt ans, termine Gérald Chaput. D’autres facteurs se répercutant sur les taux de survie des saumoneaux comprennent la modification de la chimie de l’eau dans le bassin hydrographique de la Miramichi et des conditions expérimentales différentes. »

Abstraction faite de la prédation en eau douce, l’étude confirme que la mortalité a lieu principalement au cours des premiers jours ou des premières semaines après que les saumoneaux ont quitté l’eau douce et fréquentent la zone des eaux côtières. Les taux de survie s’améliorent lorsqu’ils grossissent et quittent la côte. Toutefois, étant donné que 1 à 4 % seulement des saumoneaux retournent en tant qu’adultes, les taux de mortalité sont également élevés au-delà du détroit de Belle Isle.

Les travaux de pistage de la FSA se poursuivent dans les quatre rivières ayant fait l’objet de cette étude. En 2018, grâce à un partenariat établi avec le MPO, la National Oceanic and Atmospheric Administration des États-Unis et d’autres organismes, des sites additionnels de marquage de saumoneaux ont été ajoutés à Terre-Neuve-et-Labrador et au Groenland.

Pour lire l’article au complet, allez à :
https://academic.oup.com/icesjms/advance-article/doi/10.1093/icesjms/fsy156/5230889

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Renseignements :

Charles Cusson - FSA
Tél. :‭(514) 926-1412‬
ccusson@asf.ca

Créée en 1948, la FSA est vouée à la conservation et à la protection du saumon sauvage de l’Atlantique.

La FSA aimerait remercier les organismes et particuliers suivants de leur généreux soutien financier et de leur appui logistique à la recherche sur le saumon : Miramichi Salmon Association, Conseil de gestion du bassin versant de la Restigouche, Société Cascapédia, Première Nation de Gesgepegiac, Première Nation Listuguj, Gespe’gewaq Resource Council, Première Nation d’Eel Ground, Pêches et Océans Canada, Oceans Tracking Network, Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec, Fondation de la Faune du Québec, Crabtree Foundation, Echo Foundation, International Paper Foundation, Moncton Fish & Game Association, Nova Scotia Salmon Association, R. Howard Webster Foundation, Select Wine Merchants, Small Change Fund, Conseil du saumon du Nouveau-Brunswick, The Schad Foundation, RBC Blue Water Fund, The Moore Charitable Foundation, John and Judy Bragg Family Foundation, Fondation pour la conservation du saumon atlantique, Gordon and Patricia Gray Animal Welfare Foundation, T.R. Meighen Family Foundation, George L. Ohrstrom Jr. Foundation, James M. and Margaret V. Stine Foundation, Joseph and Joan Cullman Conservation Foundation, Newman’s Own Foundation, Norcross Wildlife Foundation, the Pheasant Hill Foundation, Robert R. McCormick Foundation, Charles Engelhard Foundation, Upper Oxbow Adventures, Waterfall Family Foundation, Amirix Systems Inc. et les nombreux membres de la FSA qui ont acheté des émetteurs acoustiques.

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