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In The Field

Dans la tourmente de l’océan

Malgré le temps houleux et les restrictions liées à la COVID-19, Don Ivany a pu assurer l’entretien des réseaux de récepteurs de la FSA dans le détroit de Belle Isle.

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Don Ivany prépare un récepteur dans le détroit de Belle Isle.

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Le petit bateau tanguait et roulait dans la houle, il était donc difficile pour Don Ivany de s’y déplacer. Don, qui est directeur des programmes à Terre-Neuve, avoue qu’il a même eu un peu le mal de mer, chose qui ne lui arrive pas souvent. Travaillant aux côtés du pêcheur commercial Loomis Way, Don était chargé de localiser les récepteurs dans le détroit de Belle Isle – volet d’un projet de la FSA visant à repérer les saumoneaux de l’Atlantique munis d’une étiquette acoustique.

Les réseaux de récepteurs du détroit de Belle Isle sont un volet d’une étude sur le pistage des saumoneaux et des saumons noirs de grande envergure et de longue durée dont la portée s’étend des rivières à saumon du Québec et du Nouveau-Brunswick jusqu’à la mer du Labrador. (REMARQUE : Le nombre de signaux émis comprend des signaux répétés émis par certaines étiquettes, des signaux émis par des espèces autres que le saumon et les transmissions émanant de récepteurs à proximité).

Le petit bateau tanguait et roulait dans la houle, il était donc difficile pour Don Ivany de s’y déplacer. Don, qui est directeur des programmes à Terre-Neuve, avoue qu’il a même eu un peu le mal de mer, chose qui ne lui arrive pas souvent. Travaillant aux côtés du pêcheur commercial Loomis Way, Don était chargé de localiser les récepteurs dans le détroit de Belle Isle – volet d’un projet de la FSA visant à repérer les saumoneaux de l’Atlantique munis d’une étiquette acoustique.

La majorité des récepteurs sont déployés à une profondeur de 10 mètres sous la surface. Don se rend aux bonnes coordonnées, trouve la bouée, puis hisse à bord un cylindre de plastique noir d’une longueur de 2 pieds. Après avoir téléchargé les données, il entrepose les récepteurs jusqu’au printemps suivant. Ils seront ensuite redéployés pour la saison de migration des saumoneaux de 2021. « Lorsqu’il fait beau, cette tâche est un pur plaisir, dit-il, mais lorsque les vents soufflent comme en août dernier, la tâche peut s’avérer plus ardue. Chaque fois qu’une vague vous frappe, c’est comme si on vous déversait un seau de 5 gallons d’eau froide sur le corps. »

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Les données recueillies par les récepteurs servent à faire des prévisions sur la survie du saumoneau à diverses étapes de sa migration printanière.

Par beau temps ou mauvais temps, Don sait que les données recueillies dans la tourmente de l’océan feront la joie de ses collègues à St. Andrews, au Nouveau-Brunswick. La FSA a entrepris un vaste projet dont l’objectif est de suivre les saumons de l’Atlantique pendant leur migration des rivières d’Amérique du Nord au Groenland, puis sur la voie du retour. Les réseaux de récepteurs du détroit de Belle Isle ne constituent qu’un volet du projet, mais celui-ci revêt une importance cruciale.

Une fois analysées par Jason Daniels et Graham Chafe, biologistes de la FSA, les données provenant des réseaux de récepteurs du détroit de Belle Isle fournissent une quantité impressionnante de renseignements sur la migration des saumoneaux (voir illustration 1). Cette année, 160 poissons ont été munis d’un émetteur sur la Miramichi, grâce à Jon Carr et à son fils Evan, qui ont travaillé en équipe tout en respectant les restrictions liées à la COVID-19. Environ 50 jours plus tard, 12 de ces poissons marqués, 6 provenant de la Miramichi Nord-Ouest et 6 de la Miramichi Sud-Ouest, ont été détectés par les réseaux de récepteurs du détroit de Belle Isle. Cela pourrait paraître insignifiant, mais selon Jason et Graham, ces signaux détectés sont essentiels à la compréhension de la survie et du comportement des saumons de l’Atlantique pendant leur migration.

Au cours des 17 dernières années, les réseaux de récepteurs de la FSA ont capté environ 20 millions de signaux. Les biologistes s’empressent d’ajouter, toutefois, que ces signaux comprennent les signaux répétés émis par certains poissons, ceux captés par les récepteurs à proximité ainsi que ceux émis par d’autres poissons marqués. Par exemple, les récepteurs ont récemment capté les signaux d’un certain nombre de morues. Il se trouve que ces poissons faisaient partie d’un projet mené par un chercheur du MPO qui a avoué que ses récepteurs avaient, eux aussi, capté plusieurs signaux émis par des émetteurs de la FSA.

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L'endroit où les saumons sont repérés par le réseau de récepteurs du détroit de Belle Isle varie d'une année à l'autre, en raison sans doute des courants, de la prédation ou de la disponibilité de nourriture.
Les poissons marqués passent parfois inaperçus, lorsqu’un récepteur est perdu ou est pris dans du matériel de pêche par mauvais temps. La FSA est en train de mettre à l’essai un nouveau type de récepteur qui est ancré à une plus grande profondeur, près du plancher océanique, où il sera à l’abri du matériel de pêche et des grosses tempêtes. Lorsqu’il reçoit un signal électronique, le récepteur remonte à la surface afin de permettre le téléchargement des données qu’il renferme. Ce type de récepteur peut demeurer en place à longueur d’année, ce qui économise du temps et des efforts. Don dit que les petits cylindres sont remontés à la surface sans problème, mais qu’il a été difficile de les repérer, surtout dans la mer houleuse et le brouillard.
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Récepteurs, flotteurs, ancres et cordes en prévision de leur chargement à Green Island Cove.
Pour Don Ivany, les données importantes récupérées des récepteurs pour le projet de pistage de la FSA ne constituent qu’un plus. De retour chez lui après une longue journée passée sur l’océan, Loomis, l’hôte de Don, sort souvent sa guitare pour donner un concert improvisé dans sa cuisine. Don a noué une amitié solide avec Loomis et les résidents de Green Island Cove, un petit village de pêcheurs comptant 185 âmes, dont la vie dépend de la pêche au homard, au flétan et à la morue.

« Chaque printemps, je me réjouis à la perspective de me rendre à la péninsule Great Northern, termine-t-il. C’est mon premier travail concret sur le terrain après un long hiver. Le paysage est superbe, le travail important et les gens accueillants et chaleureux. »